Jeudi 13 Dec 2012

Une première étape importante

Education & Devenir prend position pour la refondation de l'école et de l'éducation.

L’avant-projet de loi nous est parvenu ! L’ambition est grande : la refondation de l’école « porte un projet de société, élever le niveau… de tous les jeunes, réduire les inégalités sociales et territoriales, promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes, recréer une cohésion nationale… autour de la promesse républicaine de la réussite éducative pour tous. »

La dernière grande loi sur l’école remonte à 1989, nous en connaissons ses qualités et nous savons qu’elle a, peu ou mal, été appliquée par absence de mobilisation des acteurs de terrain et à cause du frein de la hiérarchie institutionnelle. Nous ne pouvons pas nous permettre de voir appliquer un même scénario, car l’état de l’école et de la société française ne le permettent plus.

Tout ne se joue pas avec cette loi, mais c’est une première étape qu’Education& Devenir doit soutenir avec une « bienveillance critique ».

Faisons une lecture « en creux » de ce projet de loi, nous y voyons apparaitre des leviers, des points à retravailler, et quelques manques criants.

Les leviers sont nombreux, ils étaient annoncés, et répondent en partie à nos attentes : la réaffirmation du socle commun de connaissances, de compétences et de culture (une nouveauté !), la fonction spécifique de l’école maternelle, le lien école-collège, l’existence de l’éducation artistique, la réaffirmation du collège unique, la modification des CA avec l’augmentation du nombre des élus, la réapparition de la formation initiale avec les ESPE, la création d’un Conseil national des programmes et d’un Haut conseil de l’évaluation. Figure aussi la reconnaissance des associations complémentaires de l’école (notre présence constante dans les ateliers de la refondation, les auditions au Ministère ont permis cette avancée très significative), l’apparition de la notion de territoire avec les Projets Éducatifs Territoriaux (PET)…

Mais bien sûr, certains aspects sont à retravailler : les rythmes (!) mal embarqués, l’orientation, la faible référence à l’innovation et à l’expérimentation (mais l’article 34 est maintenu), l’enseignement moral et numérique, la sectorisation, l’éducation prioritaire où la notion de réseau disparait, le décrochage, la place des parents…

Plus inquiétant, apparaissent des manques criants : aucune précision sur la formation continue ou la formation différée et la validation des acquis, constitutifs d’une société démocratique, rien sur la gouvernance du système (national, régional, local, au sein des établissements) : nous savons trop bien que le changement de gouvernance et plus d’autonomie pédagogique sont vecteurs de démocratisation et de plus d’implication des acteurs de terrain.

Aucune mention ne concerne l’organisation interne de l’établissement scolaire avec un chef d’établissement qui pilote le projet pédagogique dans lequel les enseignants et les membres de la communauté scolaire sont fortement engagés, or c’est là que des marges de manœuvre existent. L’absence de référence au dialogue interministériel est également frappante : politique éducative ou politique sur l’école ?

Quels sont donc nos moyens d’action ? Agir pour que le projet évolue avant sa présentation au Parlement, être très vigilants sur la préparation des décrets d’application. Il s’agit, partout où nous sommes présents, de nous mobiliser avec nos partenaires du CAPE au niveau national et régional (mise en place des ESPE notamment) pour que ce projet de loi qui est une première étape importante et que nous saluons, débouche sur une loi qui sera portée par les acteurs de terrain autour des valeurs qui sont celles d’Éducation & Devenir.