Blogs, réseaux sociaux, solutions multimédias… Quelle vie associative sur le web ?

Les outils numériques font désormais partie du quotidien. Les particuliers, comme les entreprises ou les associations y ont recours, à l’image de la Ligue de l’enseignement de Dordogne. Une question se pose cependant : comment mieux "faire société" grâce à ces réseaux ?

 

Les outils numériques sont toujours plus nombreux et proposent une gamme de services toujours plus riches et complexes. Comment faire le tri, savoir ce qui relève de l’utile ou du futile ? En somme, comment mieux "faire société" avec les réseaux numériques ? La question est apparue comme l’évident fil conducteur de nombreuses interventions lors des rencontres de l’Orme (Observatoire des ressources multimédias en éducation) en mars dernier à Marseille, organisées par le Centre régional de documentation pédagogique de l’académie d’Aix-Marseille, où la Ligue de l’enseignement intervient régulièrement. Cette année, le prolongement naturel des travaux a conduit à interroger les notions de communication et de collaboration, puisque toutes deux constituent le coeur des pratiques numériques. Pas de réseau numérique sans réseau humain : telle fut l’une des observations avancées lors de ces rencontres.

Des solutions pour le monde associatif

Aujourd’hui, créer un blog ou un site Internet est chose relativement aisée. L’alimenter régulièrement afin de fidéliser et d’augmenter le nombre de ses utilisateurs relève par contre de stratégies et d’investissements plus difficiles à mettre en oeuvre, surtout pour les petites  associations. Forts de ce constat, de nombreux collectifs associatifs ont décidé de se tourner vers des modes de communication plus horizontaux, à l’image des plates-formes collaboratives ou des réseaux sociaux. L’univers des logiciels libres S’il est un monde où les pratiques collaboratives se trouvent au coeur même des processus d’élaboration de projets, c’est bien celui des logiciels libres. En effet, les communautés du libre, qui ne possèdent ni hiérarchie ni centre décisionnaire, n’ont pu se structurer que grâce à l’utilisation de puissants outils relationnels. Ces "outils d’outils", à la base des plates-formes collaboratives actuelles, ont réussi l’exploit de permettre la coordination d’immenses collectifs à l’échelle de la planète. Rien d’étonnant donc à ce que la grande majorité des plates-formes de communication, de mutualisation de ressources et de collaboration utilisent des outils libres comme Agora, plate-forme collaborative publique et libre, elle-même basée sur le logiciel Spip (Système de publication pour un Internet partagé). La plupart des logiciels actuels de gestion de contenus en ligne, dénommés CMS (Content Management System), proposent bien entendu une expérience utilisateur de plus en plus axée sur l’interaction et la collaboration. Actuellement très utilisées dans le monde associatif, les solutions Drupal, Joomla ou encore Wordpress disposent de communautés francophones extrêmement actives. La plupart des logiciels intègrent maintenant des modules automatisant la dissémination de l'information vers les réseaux sociaux et autres agrégateurs de flux RSS (outils simples permettant de suivre les mises à jour de plusieurs sites via des fils dits de syndication). Jusqu’à présent, la mise en oeuvre de tels outils nécessitait un minimum de connaissances informatiques. Mais depuis peu, des sociétés d’hébergement web proposent des packs incluant la pré-installation de CMS à des prix plus qu’attractifs : à peine deux euros par mois. On trouve aussi de nombreuses plates-formes gratuites proposant des outils collaboratifs très poussés. Même si l’on doit toujours rester vigilant face à l’utilisation et à la marchandisation des données personnelles, les différentes applications Google proposent souvent les solutions les plus efficaces et les plus simples à mettre en oeuvre (Google docs, Google groups, Google agenda…). De nombreuses associations les utilisent dans leur fonctionnement et leur organisation interne. Quant aux réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter, ils constituent des lieux d’échanges horizontaux par excellence. Reste que ces derniers se situent généralement à la frontière entre usages publics et usages privés. Et il s’avère parfois difficile de les gérer, tout en sachant qu’ils ne s’adressent qu’à un tiers des internautes. En effet, ces plates-formes sont le plus souvent l’apanage de personnes déjà très investies dans l’interaction sociale numérique. Ils ne peuvent donc en aucun cas être les uniques vecteurs d’une communication ou d’une collaboration numérique.

Des solutions numériques au service du réseau Ligue

Certaines fédérations et associations de la Ligue de l’enseignement sont coutumières de ces solutions. Citons la plateforme collaborative nationale CED (Citoyenneté-Environnement-Développement durable). Élaborée grâce au logiciel Agora, elle met en réseau un peu plus d’une centaine d’acteurs du développement durable, dispersés partout en France. Autre exemple : la banque de données "B3i" regroupant les offres de formation des différentes agences de l’Infrep (organisme de formation de la Ligue de l’enseignement). Par ailleurs, les fédérations départementales et régionales, selon l’envergure des projets, sont également amenées à utiliser des outils simples tels que les "groupes Google", ou à mettre en place d’importantes  platesformes de mutualisation et d’échange d’informations, autour de la vie fédérative notamment.

Développer la vie associative sur la Toile

L’intérêt pour les outils numériques s’est fortement développé au sein du réseau de la Ligue de l’enseignement. Certaines fédérations ont définitivement intégré ces outils pour renouveler et dynamiser leur vie fédérative, à l’image de la Ligue de l’enseignement de Dordogne. L’année dernière, elle a en effet lancé avec succès un centre de ressources départemental et de développement de la vie associative en ligne [1], portail collaboratif à destination des associations et porteurs de projets locaux. De multiples informations et outils dédiés au fonctionnement associatif y sont mutualisés et mis à disposition. Chaque responsable associatif utilisant ce site a la possibilité d’y collaborer en proposant, par exemple, des articles autour de sujets de société ou d’annonces de manifestations associatives, et ce, via un agenda mutualisé et une rubrique dédiée : "La gazette des associations" (plus de 80 articles publiés en quelques mois). En moins d’un an, le nombre de pages lues chaque mois est passé de 6 000 à plus de 100 000 : un petit exploit pour un site thématique de réseau sur un territoire rural. Tandis que le volume des contenus augmentait, la moyenne des pages consultées par visiteur est passée de 6 à 30. Ces quelques exemples démontrent à l’envi la nécessité constante d’animer et d’alimenter de tels outils.

1.www.crdva.laligue24.org

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