Mardi 26 Feb 2013

Il faut faire de la mixité sociale un principe fondateur de l'Ecole

Le principe de mixité doit "figurer au premier article du code de l'éducation, celui qui définit les valeurs sur lesquelles est fondée notre Ecole." Dans une tribune publiée lundi 25 février sur le site de L'Express, plusieurs experts regrettent que le projet de loi de la refondation de l'école ne reconnaisse pas le caractère fondamental de la mixité sociale à l'école. Dans le cadre de l'examen parlementaire de la loi d'orientation, le 11 mars prochain, Jean-Pierre Obin, inspecteur général honoraire de l'Education nationale, Jacqueline Costa-Lascoux, chercheuse au CNRS et Maya Akkari, chef d'établissement PS, proposent d'amender le code de l'éducation.

Non seulement la mixité scolaire est au fondement d'une société démocratique "unie et pacifiée", mais le degré de mixité d'un établissement est un facteur de réussite aussi important que la qualité de ses professeurs, arguent les experts. Or, dans ce domaine, la France serait "loin du compte". La modification de la carte scolaire, le jeu des options et le développement de classes de niveau "sous la pression des familles les plus favorisées" auraient contribué à "ghettoïser" les établissements scolaires.

Pour remédier à cette situation, les auteurs proposent un amendement qui, rappellent-ils, "a été repris par le Conseil économique, social et environnemental dans son avis sur le projet de loi adopté le 16 janvier 2013" : 

"Afin de favoriser à la fois la réussite scolaire et l'intégration sociale de tous les élèves, les mixités sexuelle, sociale, culturelle et scolaire sont encouragées à tous les niveaux du service public d'éducation. Les procédures d'orientation et d'affectation des élèves, de composition des classes ou des groupes et de répartition des moyens contribuent à cet objectif. La connaissance des méthodes pédagogiques fondées sur l'aide mutuelle, le travail en équipe et la coopération entre élèves participe à la formation des enseignants."

Les auteurs précisent que cet amendement devra s'accompagner d'un "renouveau pédagogique" pour promouvoir "l'aide mutuelle et la coopération entre élèves". Cela passe par un pilotage adéquat des établissements, ainsi qu'un "plan ambitieux de formation des enseignants".

En octobre dernier, PISA affirmait dans une note de synthèse que la réussite des établissements scolaires est liée à leur mixité scolaire (lire ToutEduc ici). L'organisation plaidait pour le financement public de "chèques-éducation" en direction des élèves socialement défavorisés.