Lundi 26 Aug 2013

George Pau-Langevin : répondre aux questions que posait Freinet

"Ce que Celestin Freinet a posé comme questions demeure extrêmement actuel", qu'il s'agisse de la réussite scolaire "des enfants du prolétariat" ou des interrogations sur "le but même de l'école". George Pau-Langevin était le 21 août au congrès de l'ICEM à Caen, et elle a pris la parole pour souligner que "la réussite éducative" dont elle a la charge suppose "une prise en charge globale de l'enfant" dans "une école de la bienveillance". Pour la ministre, "apprendre n'exige pas de le faire dans la douleur", et l'école ne peut pas tout toute seule : elle doit travailler avec ses partenaires "sur un pied d'égalité". Il s'agit de "réussir cette école populaire que voulait Freinet".

Interpellée par quelques militants qui demandaient la levée des sanctions pour les "enseignants désobéisseurs" et qui voulaient "le changement maintenant", la ministre de la réussite éducative s'est défendue vigoureusement de tout discours de circonstances, et s'est montrée "désolée" qu'ils n'aient pas perçu l'importance des efforts entrepris, "même si les fruits n'apparaissent pas tout de suite". Elle intervenait après Francine Best. L'ancienne élue à la culture d'Hérouville-St-Clair qui a beaucoup fait pour qu'il y ait dans cette banlieue de Caen une école et un collège-lycée où les élèves travaillent selon les principes du grand pédagogue. La ministre lui a dit qu'elle l'avait "beaucoup lue dans sa jeunesse". Celle qui fut directrice de l'INRP avait auparavant instamment demandé "qu'on cesse de ne pas coopérer entre mouvements pédagogiques", après avoir souligné leur importance et leur richesse.

Ces mouvements étaient à l'honneur puisque, reçue à la mairie de Caen plus tard dans la journée, la ministre a conseillé au maire d'une petite commune qui évoquait la difficulté de réussir la réforme des rythmes scolaires de "se rapprocher de la Ligue de l'enseignement" et de "s'appuyer sur le savoir faire des grandes associations". Il lui faut trouver pour son école à 7 classes, 14 animateurs pour 4 fois 45 minutes. Quant à la Ville de Caen, qui passe à la semaine de 4,5 jours dès cette année alors que "l'adhésion n'a pas été immédiate", elle teste, en fonction des choix faits par les écoles et après des débats sans doute difficiles, deux formules, la fin de la journée scolaire à 15h30 ou l'allongement de la pause méridienne.