Atelier "Priorité à l'école primaire"

Compte-tenu de leur conception de l'éducation, les Francas ont toujours eu le souci d'agir en complémentarité avec le système d'enseignement.
Historiquement reconnus Association Éducative complémentaire de l'Enseignement Public, les relations des Francas à l'institution scolaire sont multiples, notamment dans la relation à l'école primaire et à sa communauté éducative.
 

Une école de l'épanouissement et de la coopération


Apporter une attention particulière à l'école primaire nous semble relever d'une priorité. Refonder cette école c'est, de notre point de vue, faire le choix d'une école de la coopération et de l'épanouissement.

Une école qui favorise le bien-être de l'enfant


Etre bien à l'école c'est une valeur en soi, si l'on veut former des adultes solidaires et ouverts. Les projets d'établissements doivent prendre en compte l'épanouissement et l'autonomie des élèves.

Parce que nous pensons que l'enfant est une personne originale, que l'éducation est globale, il nous semble nécessaire que l'école accueille l'enfant et pas seulement l'élève.
On ne saurait exiger de l'enfant qu'il laisse à la porte de telle ou telle institution éducative la part de lui- même sur laquelle celle-ci s'estime non compétente.
Parce que nous savons l'influence de l'environnement, du cadre de travail sur la qualité des apprentissages et des relations, une réflexion doit être installée par l'ensemble de la communauté éducative – avec les collectivités - sur l'aménagement des locaux scolaires, au-delà de la classe, sur l'architecture scolaire.

Parce que nous constatons que l'entrée en maternelle, le passage de la grande section au CP, du CM2 à la sixième sont des moments délicats de transition, il sera important d'y attacher une attention particulière.

Une école où la citoyenneté se traduit en actes


Il s'agit de veiller tout particulièrement à ce que la recherche de démocratisation des relations entre adultes et enfants soit menée de façon délibérée, harmonieuse et cohérente dans et entre les espaces éducatifs.

Les occasions de susciter l'expression, la prise en considération des points de vue et la participation active des enfants doivent donc être promues, multipliées et conjuguées.

Simultanément, la réalisation de projets collectifs dans chaque établissement participera à installer des relations de coopération entre pairs et entre enfants et adultes, et sans nul doute à créer un climat de confiance.

Une école qui réhabilite le statut de l'erreur


Il nous semble essentiel que les pratiques pédagogiques et les modes d'évaluation s'attachent à favoriser l'estime de soi.
L'évaluation doit valoriser l'engagement et l'effort, identifier les progrès et la réussite plutôt que de sanctionner l'échec. Elle doit prendre en compte l'erreur comme une étape de l'apprentissage. Cela nécessite une réflexion et un changement sur le sens et les modes d'évaluation, une posture nouvelle pour les enseignants et une sensibilisation des familles.

Socle commun et pédagogie des compétences : des apprentissages en lien avec les usages sociaux

Nous n'interprétons pas à la lettre le socle commun, mais le concevons comme un système de ressources, l'inscrivons comme un continuum, dans une logique de parcours éducatif qui transcende de fait la séparation entre apprentissages scolaires et apprentissages hors temps scolaires.

Pour bâtir l'école du socle, il nous semble nécessaire, entre autre, de prendre en compte le fait que les compétences se constituent aussi hors de l'école. Il reste donc à mener une réflexion sur les processus de constitution de ressources et de mobilisation de celles-ci : qu'est ce qu'on apprend à l'école et qu'on n'apprend pas ailleurs ? Qu'est-ce-que la vie apprend et que l'école n'apprend pas ?

Et pour que les savoirs scolaires prennent du sens, l'école se doit de faire lien avec l'environnement de l'enfant et profiter des potentialités et des savoirs acquis dans la vie sociale, réhabiliter les savoirs familiaux, tous les savoirs.

Cette approche du socle commun induit sans doute quelques changements :

  • travailler dans une logique du socle c'est penser et mettre en vie une pédagogie des 
compétences,
  • faire prévaloir la logique des cycles et du socle en tant que continuum c'est en finir avec la 
pratique du redoublement,
  • "apprendre à apprendre" devrait être un pilier reconnu par l'école française. Ce pilier fait en 
effet écho à l'affirmation d'une construction de la personne dans une logique de progression pour faire face à des situations nouvelles. Etre compétent c'est savoir ce que l'on sait, comment on le sait, quel pouvoir d'agir ce savoir procure et comment progresser. 

Une école ancrée dans la société du XXIe siècle


Les savoirs et les compétences nécessaires à la construction de la personne, de son parcours éducatif, à sa réussite scolaire et éducative sont de plus en plus divers dans notre société. Ils sont indispensables pour choisir son avenir et la poursuite de sa formation. 
Une place importante devrait être accordée à l'éducation artistique et culturelle, l'éducation scientifique et technique, l'éducation à l'environnement et au développement durable, l'éducation aux pratiques de la citoyenneté, l'éducation à l'interculturel, à la solidarité et au développement, l'éducation aux medias et au numérique – également constitutive d'une part importante de la culture des adolescents. 


Les Francas développent, par exemple, à propos de "ces éducations à" diverses initiatives avec l'école dont le cyber@lllye, des "goûters philo", des projets sur la bio diversité, etc.

Une école qui associe les coéducateurs

Le monde contemporain change trop vite et trop profondément pour que le projet pour et autour de la jeunesse se construise sans la société civile, au risque de la perte de démocratie.

Il est important que l'action éducative s'appuie sur la mobilisation et la participation de tous ceux, enseignants, parents, animateurs, qui sont concernés par l'éducation. "L'École n'appartient pas qu'à ceux qui ont la belle charge d'avoir la responsabilité d'enseigner" [1].

Les parents sont bien davantage que des usagers du service public d'éducation. Ils sont des acteurs de la coéducation et de la vie de l'école, des citoyens qui ont leur mot à dire sur les objectifs et le fonctionnement de ce service public.

Les associations complémentaires de l'école devraient, du fait de la place qu'elles occupent tous les jours dans et autour de l'école – notamment dans le cadre de projets éducatifs de territoires, et de leur contribution à la mise en vie de projets tels que ceux décrits ci-dessus, voir leur action reconnue comme une mission de service public.

1. Refondons l'école de la république - Discours de Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale - 5 juillet 2012

Autres ressources

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Animation & Éducation n° 228 Enfant lecteur, auteur, critique - Les chemins de l'écriture littéraire
Le Nouvel éducateur n° 208 Participer, coopérer, connaître
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Vers l'éducation nouvelle n° 544 Le volontariat un enjeu de sociéte
Cahiers de l'Animation n° 75 Séjours à inventer
n° Interventions du GFEN
Le Nouvel éducateur n° 205 Transformations - De la création... à l'oeuvre
Les Cahiers d'Education & Devenir n° 26 L'autorité à l'école
Les Idées en mouvement n° 198 IEM avril
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