Samedi 23 Mar 2013

Comment évaluer un dispositif de "raccrochage"?

Le CEREQ ne préconise pas la généralisation d'un dispositif d'accompagnement des "décrocheurs" expérimenté à Marseille entre 2009 et 2011. Cet APIPAQ (accompagnement partenarial d’itinéraires personnalisés vers la qualification) reposait sur "un partenariat renforcé entre rectorat et mission locale, et sur la création d’espaces d’accueil personnalisés (EAP) animés par un organisme de formation indépendant, à destination des jeunes les plus en difficulté". Un groupe témoin a été constitué. Or, alors que les jeunes comme les personnels impliqués l'ont jugé positif, "les différences entre les deux groupes à l'issue de l'évaluation sont ténues". Ils sont un peu plus nombreux dans un cas à avoir suivi une formation, mais aussi un peu plus nombreux à l'avoir abandonnée.

La partie la plus intéressante de ce "BREF" porte moins sur les résultats que sur les questions que pose une méthode randomisée. "Celle-ci consiste à définir une population susceptible de bénéficier d’un dispositif, puis à répartir aléatoirement les individus dans deux groupes distincts : le groupe 'intervention' [qui en bénéfie] et le groupe 'témoin' [qui n'en bénéficie pas]." Il y a donc tirage au sort. "Cette méthode est loin d’avoir suscité l’enthousiasme". Son utilisation dans le domaine de l’évaluation des politiques publiques "est très récente et très limitée" et elle "a du mal à être acceptée par les acteurs". Ceux-ci "se trouvent confrontés à un véritable sentiment d’injustice lorsqu’un jeune qu’ils souhaitent orienter vers un EAP est affecté au groupe 'témoin'. Se pose alors un problème d’ordre éthique car ils perçoivent une inégalité de traitement inacceptable entre les jeunes."

Tout en reconnaissant ce problème, le CEREQ ne remet pas en cause la méthode.

Le "Bref" "Evaluer un dispositif de lutte contre la rupture scolaire" est téléchargeable sur le site du CEREQ, ici.