Samedi 4 Feb 2017

Ce que l’école a réussi, ce qui l’interpelle encore aujourd’hui

Colloque national commun, les 10, 11 et 12 mars 2017, organisé par les CRAP, Education et Devenir et la Fespi.

Dans un contexte où les nations européennes semblent tentées par un mouvement de repli sur soi, où l’Europe et
la France sont confrontés au défi de l’accueil de populations immigrées, déplacées sous l’effet des conflits et du
changement climatique, le quinquennat qui s’achève avait placé l’école au coeur des priorités gouvernementales :
qu’en est-il réellement aujourd’hui ? À la veille de nouvelles grandes échéances politiques, il apparaît nécessaire de
s’accorder un temps de réflexion pour envisager les politiques éducatives et l’état de l’école française.

Préoccupation fondamentale et permanente des responsables politiques français, l’école ne cesse d’être l’objet
de projets de transformations par les gouvernements qui se succèdent, au point parfois d’en lasser les principaux
acteurs. Une ambition affichée se réitère, celle de doter la Nation française d’une école plus performante, plus juste,
plus efficiente… à même d’accueillir et de former la totalité d’une classe d’âge.

Essayons de rompre avec les plaintes, les flagellations habituelles et la défiance si courante dans notre modèle de
pensée. Osons afficher les avancées, ce que la loi de refondation autorise et permet. Citons, entre autres, un droit reconnu à l’éducation pour tous, une scolarisation massive, un long processus de démocratisation, une structure tendant au désenclavement de l’enseignement technique et professionnel et à la fusion de l’enseignement général et technologique… Regardons aussi ce qui échappe sans doute aux statistiques : l’évolution des pratiques pédagogiques, la formation des acteurs, l’autonomie des établissements, les politiques locales...

Reconnaissons aussi que la massification a posé et pose encore problème à l’école, interrogeant sa capacité à
inclure tous les jeunes et à faire réussir tous les élèves. Notre système éducatif est toujours aussi asymétrique : le soutien aux plus fragiles est encore une des principales variables d’ajustement budgétaire. Entre les ambitions affichées, les textes législatifs et la réalité de terrain, ne faut-il pas comprendre et mesurer les tensions qui habitent l’école pour appréhender à la fois les freins et les champs du possible ? Autrement dit, l’école, aujourd’hui, se donne-t-elle les moyens d’accueillir et de faire réussir les élèves qui ne sont pas, a priori, dans les codes de la réussite des élites ?

Dans le contexte actuel, européen et mondial, l’école doit se saisir de la question de la diversité et mettre en oeuvre
des pratiques qui vont permettre d’expérimenter des liens sociaux nécessaires à la vie démocratique. Comment
l’école peut-elle promouvoir des valeurs de « vivre ensemble » et de « faire ensemble » dans un contexte de ségrégation
scolaire de plus en plus marqué ? Le projet d’intégration par l’école n’entre-t-il pas en tension avec les valeurs
promues par une partie de plus en plus grande de l’opinion publique ? La laïcité, promue comme une arme défensive
à l’école, la résurgence de la question religieuse dans l’espace scolaire, posent des enjeux politiques autant
que pédagogiques auxquels la formation des enseignants et les établissements scolaires se doivent de répondre.
Pour conduire ce travail de réflexion, ce séminaire rassemblera des chercheurs, des spécialistes des questions
scolaires, mais aussi des professionnels de l’éducation, des acteurs de terrain qui forgent au quotidien des outils
de réflexion et d’action sur des problématiques qui ont marqué ces dernières années et sur lesquelles nous devons
encore et plus que jamais nous mobiliser.

Il sera aussi l’occasion de mettre en lumière ce que nos associations ont su initier, de réaffirmer nos convictions et
de formuler nos propositions.