5es Rencontres nationales pour l'école maternelle

L'importance du rôle de l'école maternelle dans la scolarité fait désormais consensus. Elle peine pourtant à enrôler tous les enfants dans les apprentissages scolaires, dans une conception spontanéiste du devenir élève et des conceptions de l'apprentissage apparemment antinomiques mais qui excluent massivement les enfants des classes populaires. La première, dans une centration exclusive sur les connaissances, "primarise" à marche forcée. La seconde, dans une centration sur la spontanéité enfantine évacue la dimension socio-culturelle de l'entrée dans les apprentissages. L'une et l'autre font l'impasse sur la nécessaire construction d'un rapport efficient à l'école où les différences réelles entre enfants ne doivent être ni évacuées ni surévaluées.
Nous ne lâcherons pas sur l'affirmation éprouvée que tous les enfants sont capables de devenir élèves. Il y faut des conditions. C'est dans la prise en compte de l'âge des enfants et l'affirmation concomitante d'exigences pour tous que l'école maternelle jouera son rôle. Développement et apprentissages ne s'opposent pas. C'est au contraire dans leurs rapports dialectiques que les enfants grandissent.
Ces cinquièmes rencontres "Pour que la maternelle fasse école" ont lieu dans un contexte politique nouveau. L'école maternelle est une priorité si l'on veut agir sur la ségrégation scolaire et faire avancer une véritable démocratisation de l'école. Les changements ne se feront pas sans l'apport des professionnels, organisations, familles. Transformer l'école maternelle est un beau projet, nécessaire. Il y faut de l'audace et de la réflexion. A nous, individuellement et collectivement d'en faire preuve.
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